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Cyberattaque chez Arkéa : la banque cherche à récupérer près de 100 millions d’euros

Des transferts frauduleux ont visé un compte du groupe. Arkéa affirme que les avoirs des clients sont préservés, malgré des virements retardés.

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Vue aérienne du siège du Crédit Mutuel Arkéa au Relecq-Kerhuon en 2023.
Source et licence de l’image
FJaffres — CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

Crédit Mutuel Arkéa cherche à récupérer les fonds détournés lors d’une cyberattaque révélée le 4 novembre. Selon les précisions données à Reuters le 5 novembre, environ 100 millions d’euros ont été dérobés. La banque affirme que les avoirs de ses clients ne sont pas affectés. Certaines opérations ont néanmoins été retardées pendant les mesures de protection.

L’affaire touche donc deux niveaux différents du fonctionnement bancaire : l’argent détenu par l’établissement pour son propre compte, visé par les mouvements frauduleux, et les services utilisés par ses clients, temporairement perturbés. Cette distinction explique pourquoi un virement peut avoir été différé sans que le compte de son titulaire ait été vidé.

Les comptes des clients n’ont pas servi au détournement

Dans son communiqué du 4 novembre, Arkéa reconnaît des opérations frauduleuses et décrit une suspension préventive de certaines transactions. La reprise était annoncée dans la matinée, après vérifications et renforcement des protections.

La banque distingue les fonds touchés des dépôts des particuliers et entreprises. Elle indique que la conséquence pour les clients a été un retard dans l’exécution de certains virements. Cette déclaration concerne ses fédérations et ses filiales ; elle ne signifie pas que tous leurs services ont été interrompus.

Pour un client, il reste utile de vérifier le statut d’une opération attendue dans son espace bancaire habituel. Une transaction en attente n’a pas le même sens qu’un débit inconnu. Si une opération semble anormale, le conseiller doit être joint par le canal déjà connu, sans utiliser un numéro reçu dans un message faisant référence à l’attaque.

Des fonds envoyés vers d’autres banques

Le scénario rendu public repose sur l’utilisation d’un compte appartenant à Arkéa pour transférer des fonds vers d’autres établissements. Des conversions en cryptomonnaies ont ensuite été évoquées. Il ne s’agit pas, à l’origine, du piratage d’un portefeuille de cryptomonnaies détenu par des clients.

L’AFP rapporte qu’une partie des sommes a pu être bloquée et que des démarches de récupération sont en cours. L’agence indique aussi que la banque écarte une simple erreur humaine et décrit une intrusion extérieure. Ces précisions proviennent de l’établissement, pas d’un rapport technique public sur l’attaque.

Le montant détourné et la perte finale ne se confondent donc pas. Le premier décrit les mouvements frauduleux identifiés ; la seconde dépendra notamment de ce qui pourra être récupéré. Les informations disponibles ne permettent pas encore de dresser un bilan financier définitif.

Une enquête ouverte à Paris

Reuters rapporte que le parquet de Paris a reçu la plainte de la banque le 4 novembre et ouvert une enquête confiée aux services spécialisés dans la cybercriminalité. Un prestataire est mentionné dans le chemin d’accès emprunté par les attaquants, mais son identité n’a pas été rendue publique par Arkéa.

Cette dépendance à un service extérieur est un point important de l’enquête. Elle ne suffit toutefois pas à identifier la vulnérabilité exploitée, les identifiants éventuellement compromis ou les responsabilités respectives. Rien, dans les éléments consultés, ne permet d’attribuer l’opération à un groupe déterminé.

L’AFP précise que les investigations portent sur une atteinte à un système de traitement automatisé de données en bande organisée. L’existence d’une enquête établit la mobilisation judiciaire ; elle ne vaut ni identification des auteurs ni conclusion sur le fonctionnement détaillé du détournement.

La vigilance concerne aussi les messages reçus

Dans son avertissement aux clients, Arkéa souligne qu’une attaque très médiatisée peut être suivie de tentatives d’hameçonnage. Un courriel ou un appel prétendant aider à sécuriser un compte peut exploiter l’inquiétude créée par l’événement.

La banque rappelle de ne pas transmettre ses identifiants, mots de passe, coordonnées de carte ou codes de validation reçus par SMS. En cas de doute, elle recommande de contacter directement son conseiller. L’urgence invoquée dans un message ne dispense pas de cette vérification, même si l’interlocuteur connaît le nom de la banque ou mentionne la cyberattaque.

Le prochain bilan devra préciser les sommes récupérées et les conclusions des investigations. Pour l’établissement, le défi porte à la fois sur la récupération des fonds et sur la compréhension du chemin d’attaque. Pour les clients, les informations à suivre restent le fonctionnement de leurs opérations et les communications provenant de leurs interlocuteurs habituels.

Photo d’archive : siège du Crédit Mutuel Arkéa au Relecq-Kerhuon en 2023. Focale fixe / FJaffres / Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0.

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