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Robia et Jojo, les robots pakistanais qui apportent les plats à Karachi

À Karachi, Robia et Jojo apportent des plats aux tables, mais la prise de commande et le retrait des assiettes restent humains. Un exemple concret de robotique de service, à distinguer des fonctions annoncées pour l’avenir.

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Un robot de service BellaBot dans un restaurant, photographie d’illustration.
Source et licence de l’image
MIKI Yoshihito from Sapporo City,Hokkaido., JAPAN — Wikimedia Commons — CC BY 2.0

À Karachi, deux robots conçus au Pakistan apportent des plats aux tables d’un restaurant. Leur rôle est concret, mais circonscrit : ils transportent les assiettes, tandis que les clients ou le personnel les retirent du plateau. La scène donne un aperçu de la robotique de service sans pour autant annoncer une salle entièrement automatisée.

Deux machines au milieu des tables

Robia et Jojo circulent entre les tables du restaurant The Sicilian, dans la métropole pakistanaise de Karachi. Robia se présente avec une voix électronique ; les deux machines peuvent ainsi participer à l’accueil et conduire les plats jusqu’aux clients. Mais la dernière étape reste humaine : il faut prendre soi-même la nourriture sur le plateau ou attendre l’aide d’un membre du personnel.

Cette distinction aide à comprendre ce que fait réellement un robot de service. Il peut déplacer un objet dans un lieu fréquenté sans pour autant prendre une commande, préparer un repas ou gérer seul la relation avec le client. Dans le cas de Robia et Jojo, les informations disponibles décrivent principalement le transport des plats et une présentation simple du restaurant. Elles ne démontrent pas une autonomie générale dans le travail en salle.

Les robots ont été développés par l’ingénieur pakistanais Syed Osama Aziz, qui a également créé le restaurant et l’entreprise de robotique Cobot. Selon le reportage de l’AFP publié par RTL Today, les machines ont été développées en utilisant principalement des pièces fabriquées localement, des composants électroniques importés et des cartes électroniques conçues par Aziz. Celui-ci indique que certains équipements nécessaires ne sont pas facilement disponibles au Pakistan.

Une fabrication locale, avec des contraintes d’approvisionnement

Le projet se distingue moins par une technologie décrite en détail que par son mode de réalisation. La conception et la programmation ont été menées dans l’atelier du créateur, tandis que la fabrication des robots se déroule à Multan, dans la province du Pendjab. Le reportage présente donc une initiative locale confrontée à des limites d’approvisionnement, plutôt qu’un produit dont la production industrielle ou la commercialisation à grande échelle seraient établies.

Ce développement sur place donne à l’ingénieur la maîtrise de la conception et de la programmation. Sa poursuite dépend aussi de l’accès aux pièces, puis de l’entretien des machines au quotidien. Le reportage ne chiffre ni le coût de fabrication ni les éventuelles économies d’exploitation.

L’intérêt du public semble, lui, déjà visible dans le restaurant : le personnel rapporte que des clients viennent de loin pour voir les robots et que l’activité a progressé. Il s’agit du constat rapporté par des employés, sans chiffre sur la fréquentation ou les ventes. L’effet de curiosité est ainsi une explication plausible de l’attrait immédiat, mais il ne permet pas de conclure que les robots améliorent à eux seuls la performance économique de l’établissement.

Vision par caméra : un projet, pas une fonction actuelle

Aziz souhaite ajouter à l’avenir des fonctions de traitement d’image par caméra. Il évoque la possibilité que les robots reconnaissent les clients et se souviennent de leurs commandes précédentes afin de proposer des suggestions. Ce sont des objectifs annoncés, pas des capacités attribuées aux machines actuellement utilisées.

Une telle évolution changerait aussi la nature du service. Transporter un plateau répond à une tâche matérielle ; reconnaître une personne et mémoriser ses choix implique le traitement d’informations liées aux clients. Avant de juger l’utilité de ces fonctions, il faudrait notamment savoir quelles données seraient enregistrées, comment elles seraient protégées et si les clients pourraient refuser leur collecte. Le reportage ne précise pas ces modalités, et il ne faut donc pas décrire Robia et Jojo comme des robots qui reconnaissent déjà leurs utilisateurs.

Un exemple d’une tendance plus large, sans preuve de remplacement

La Fédération internationale de la robotique (IFR) situe les robots de service dans un éventail de secteurs, parmi lesquels l’hôtellerie, la santé, l’agriculture et le nettoyage. Dans un document de position, elle présente ces machines comme des outils pouvant prendre en charge certaines tâches répétitives, physiquement exigeantes ou chronophages, afin que les employés se consacrent à d’autres activités. Elle insiste également sur la sécurité, la protection de la vie privée et la fiabilité comme conditions de confiance.

Ce cadrage général aide à replacer les robots de Karachi dans leur domaine, mais ne valide pas leurs performances particulières : l’IFR ne fournit pas ici d’évaluation de Robia ou de Jojo. Dans le restaurant, leur fonction rapportée est le déplacement des plats ; les personnes restent nécessaires au service, y compris pour récupérer les assiettes sur les plateaux. Rien dans les éléments disponibles n’établit que ces machines remplacent des emplois.

Pour un client, la différence entre démonstration et usage quotidien est donc essentielle. Robia et Jojo rendent visible une possibilité précise de la robotique de service : faire circuler des plats dans un espace de restauration. Leur intérêt pratique, au-delà de la nouveauté, dépendrait de questions encore ouvertes sur la régularité du fonctionnement, les coûts et l’entretien. Pour l’instant, le cas de Karachi montre surtout comment une tâche limitée peut être automatisée dans un établissement, tandis que le reste de l’expérience demeure partagé avec des humains.

Références

Un robot BellaBot. Photographie d’illustration d’un autre modèle de robot de service ; elle ne montre ni Robia ni Jojo à Karachi.

Photographie : MIKI Yoshihito from Sapporo City,Hokkaido., JAPAN — Wikimedia Commons — CC BY 2.0.

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