En 2026, Pierre Rosenberg publie un catalogue consacré aux peintures de Nicolas Poussin. Le coffret présenté par Flammarion, réalisé avec la collaboration de Christel Dupuy, compte quatre volumes et 1 688 pages. Ce travail prolonge une trajectoire où la direction d’un musée et l’étude des œuvres se sont constamment croisées.
Du département des Peintures à la direction du Louvre
Né à Paris le 13 avril 1936, Rosenberg a suivi des études de droit et la formation de l’École du Louvre. Sa biographie à l’Académie française retrace son entrée au département des Peintures du Louvre en 1962. Il y poursuit sa carrière jusqu’à sa nomination comme président-directeur en octobre 1994, puis quitte le musée en avril 2001.
Ses recherches portent principalement sur les dessins et les peintures français et italiens des XVIIe et XVIIIe siècles, ainsi que sur l’histoire des collections. Les catalogues consacrés à Poussin, Watteau, David, Chardin ou Fragonard jalonnent ce parcours. Élu à l’Académie française en décembre 1995, il y occupe le fauteuil d’Henri Gouhier.
Ce qu’un catalogue raisonné ajoute au regard
Un catalogue raisonné ne se limite pas à réunir de belles reproductions. Pour chaque tableau, l’ouvrage Poussin rassemble, selon l’éditeur, la provenance, la datation, les dessins préparatoires et les copies, avec une analyse de son style et de sa place dans le travail du peintre.
La provenance retrace les propriétaires et les passages documentés d’une œuvre. Les dessins et les copies renseignent d’autres aspects de son histoire. Réunir ces éléments permet au lecteur de suivre les arguments sur lesquels repose une notice, au-delà de l’impression produite par l’image.
Le Louvre a consacré une rencontre à ce travail le 20 mars 2026, avec Rosenberg et le conservateur Nicolas Milovanovic. Sa présentation mentionnait 293 tableaux étudiés : une autre manière de mesurer un parcours, par le patient rassemblement des connaissances autour des œuvres.
Publié le 4 mars 2026, le coffret représente ainsi un point de rencontre entre recherche, documentation et transmission. Il invite à regarder un tableau avec son histoire, plutôt qu’à détacher l’image des traces qui permettent de la comprendre.






