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Sophie Adenot, du cockpit à l’orbite

De retour de mission, la pilote d’essai incarne un métier technique. Son parcours et les protocoles préparés pour εpsilon en éclairent les exigences.

Portrait officiel de Sophie Adenot au centre spatial Johnson de la NASA, en 2025.
Source et licence de l’image
Photo : NASA / Robert Markowitz, via Wikimedia Commons, domaine public. Portrait officiel de 2025, avant la mission epsilon. Copie réduite.

Sophie Adenot a retrouvé la Terre le 8 octobre, après 237 jours, cinq heures et dix-huit minutes dans l’espace. Le bilan publié par l’Agence spatiale européenne attribue à sa mission εpsilon trois sorties extravéhiculaires et environ 218 heures consacrées aux activités scientifiques européennes. Derrière ces compteurs, son parcours relie trois métiers : concevoir une machine, la piloter et réaliser des expériences avec elle.

Du cockpit au laboratoire orbital

Avant de devenir astronaute, l’ingénieure française a travaillé sur la conception de cockpits chez Airbus Helicopters. Sa formation à SUPAERO, puis au Massachusetts Institute of Technology, associait dynamique du vol et facteurs humains. Son mémoire portait déjà sur l’adaptation du système vestibulaire à la gravité artificielle, en vue d’un entraînement d’astronautes en centrifugeuse.

Elle rejoint l’armée de l’air en 2005, vole notamment pour des missions de recherche et de sauvetage à Cazaux, puis se forme au métier de pilote d’essai au Royaume-Uni. Entre 2019 et 2022, elle travaille à la Direction générale de l’armement. Sa biographie officielle recense 3 000 heures de vol sur 22 types d’hélicoptères.

Sélectionnée par l’ESA en novembre 2022, elle obtient sa certification d’astronaute en avril 2024. Cette succession éclaire la dimension technique du métier : il faut apprendre à utiliser un équipement, comprendre ses contraintes et travailler selon des procédures partagées.

Guider une échographie avec des repères visuels

EchoFinder-2 donne un exemple concret de ce travail. Présentée par l’ESA en janvier, cette expérience du CNES devait permettre aux membres de Crew-12 de tester des échographies sans guidage direct depuis le sol. Sophie Adenot était prévue à la fois comme opératrice et comme sujet.

Avant le vol, un spécialiste enregistre les positions de la sonde nécessaires pour observer certains organes. En orbite, une tablette, une caméra et des repères placés sur la sonde et le thorax aident ensuite l’opérateur à retrouver ces positions. Des formes virtuelles se superposent à l’image : lorsqu’elles coïncident, le placement est correct. Un traitement par intelligence artificielle doit reconnaître l’organe et enregistrer l’image.

L’enjeu est l’autonomie quand les communications avec la Terre deviennent moins immédiates. Ce protocole décrit un essai technologique ; il ne fournit pas, à lui seul, un résultat sur sa précision médicale. Le rôle de l’astronaute consiste ici à faire fonctionner un dispositif tout en participant à son évaluation.

L’exercice physique devient aussi une mesure

Autre situation, autre équipement : ARED simule un entraînement en résistance à bord de la Station spatiale internationale. Dans l’expérience ARED Kinematics, portée par le Politecnico di Milano et développée par Kayser Italia avec le soutien de l’ESA, les mouvements eux-mêmes deviennent des données scientifiques.

Une séance commence par un test de force afin d’adapter les charges aux capacités de l’astronaute. Suivent différents exercices, dont plusieurs variantes de squat, avec des niveaux de résistance variables. L’objectif est d’étudier les contraintes sur les articulations et l’activation musculaire en microgravité.

Les chercheurs comparent des mesures prises avant le départ, en orbite et environ une semaine après le retour. Cette chronologie permet d’examiner l’évolution des mouvements et la récupération. L’exercice quotidien ne sert donc pas seulement à entretenir la condition physique : certaines séances sont organisées pour produire des mesures comparables dans des environnements très différents.

Une mission conduite avec le sol

Le 7 octobre, le blog de l’ESA a montré une dernière visioconférence entre Sophie Adenot, installée dans la Cupola de la Station, et les équipes du centre de contrôle Columbus, en Allemagne. Ces échanges servent habituellement à coordonner les activités, discuter des questions techniques et suivre l’avancement de la mission.

La scène rappelle la part moins visible du travail : ingénieurs, responsables de planification et contrôleurs de vol accompagnent l’équipage. L’astronaute manipule l’équipement en orbite, mais son emploi du temps et ses opérations reposent sur cette coopération.

Revenue à Cologne le 10 octobre, Sophie Adenot devait passer deux à trois semaines de réadaptation et de collecte de données au centre du DLR voisin du Centre européen des astronautes. L’amerrissage clôt le séjour spatial, pas toutes les mesures de la mission.

Sources

ESA, retour de mission (10 octobre); biographie officielle; EchoFinder-2 (9 janvier); ARED Kinematics (31 juillet); équipes au sol (7 octobre), consultés le 21 octobre 2026.

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