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Pesticides : ce qu’autorisent les dérogations de 120 jours en France

Les dérogations d’urgence ne valent pas autorisation générale. Un exemple en cours éclaire leurs conditions, leurs limites et leur durée.

Fleurs de pommier dans les vergers de Wincheap, à Canterbury dans le Kent, le 21 avril 2025.
Source et licence de l’image
Illustration : Digihum / Wikimedia Commons — [CC0](https://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/).

Culture, conditions, dates : ces trois repères permettent de lire une dérogation d’urgence. L’autorisation temporaire d’un usage ne signifie pas que tous les usages agricoles sont permis.

Une exception limitée à 120 jours

Le ministère de l’Agriculture présente les autorisations relevant de l’article 53 comme une procédure exceptionnelle : un danger phytosanitaire doit nécessiter une intervention qu’aucun autre moyen raisonnable ne permet de maîtriser. La durée maximale est de 120 jours. En France, ces décisions relèvent du ministère, en dérogation à la procédure ordinaire d’autorisation.

Un exemple encore valable le 27 octobre

La décision concernant Decis Protech, signée le 17 octobre 2026, autorise un usage sur tomate de plein champ du 19 octobre 2026 au 16 février 2027. Sa justification mentionne les difficultés de lutte contre la cécidomyie *Contarinia maculipennis* sur tomate en Guadeloupe et en Martinique, ainsi que l’insuffisance des moyens disponibles.

Le produit contient de la deltaméthrine. Le document précise des conditions d’emploi, notamment pour protéger les organismes aquatiques, les abeilles et les personnes présentes. L’existence de ces restrictions fait partie de l’autorisation ; elle ne constitue pas une démonstration d’innocuité. Cette décision particulière ne permet pas davantage de conclure à une autorisation générale de tous les usages du produit.

Le droit européen pose aussi des limites

Dans son communiqué sur l’arrêt du 19 janvier 2023, la Cour de justice de l’Union européenne explique qu’un État ne peut pas utiliser cette procédure pour autoriser la mise sur le marché ou l’utilisation de semences traitées avec certains néonicotinoïdes lorsque le droit européen l’interdit expressément. L’affaire portait sur des autorisations belges.

Ce repère concerne une interdiction déterminée. Il ne justifie pas de ranger toutes les dérogations, substances et restrictions sous une seule formule.

Compter exige un périmètre

La liste ministérielle ne conserve les décisions que pendant leur validité. Elle ne fournit donc ni un bilan annuel exhaustif ni un classement européen.

Une comparaison pertinente devrait préciser la période et distinguer produits, substances, usages et surfaces. Un nombre de décisions ne mesure pas, à lui seul, l’exposition réelle.

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